• Chambre 33

    Je resterais dans la chambre, accompagnée de soins et de pleurs d'enfants jusqu'à samedi soir. Les médecins sont formels : ma perle va TRES bien ! Je lui donne le sein ; la douleur est supportable car c'est un moment privilégié entre la mère et son enfant. Je regarde ses yeux doux, je ne suis pas encore fixée sur leur couleur. Les miens sont marron tandis que ceux de Xavier sont verts. Je regarde sa petite bouche qui tente désespérément de trouver mon sein ; ce n'était pas chose facile dès les premières heures de sa vie. Elle a fini par s'y faire. Elle a effectué son premier rot tout à l'heure, alors que je la tenais de façon à ce que celui-ci soit favorisé. Nous étions toutes les deux. Sinon, Romane est sage comme une image bien que ses cris soient relativement aigus lorsqu'elle veut manger.

    Quand Lilia vient nous rejoindre, bien que les nombreux visiteurs soient présents, je sens qu'elle brûle d'impatience de porter l'enfant près d'elle. Je vois une étincelle dans ses yeux, j'ai toujours craqué pour la sensibilité de cette femme. Je ressens ce qu'elle ressent en profondeur dans mon corps. Si Romane s'agite en l'approche de l'allaitement, je lui propose de la prendre pour la porter quelques minutes ; avant qu'elle ne crie trop. Romane est une dormeuse. Cela me permettra d'écrire le soir, ou le matin, j'ai du mal à dormir car j'aime regarder ses petits doigts bouger. Je mets le mien et elle serre très fort, je sais que ça fait partie des réflexes archaïques des nouveaux-nés. Les nouveaux-nés ont un potentiel énorme, pourtant ils ne sont pas aussi forts que les autres animaux sur la Terre – si bien sûr, nous nous considérons comme des animaux.


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